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"Manger bio, c'est pour les bobos", "on ne mange pas sain dans les milieux populaires" : les préjugés autour du bien-manger passés à la moulinette

Les préjugés sont nombreux autour de l’accessibilité culturelle, sociale et financière du “bio”. Une journée thématique de l'Université populaire d'Anderlecht interroge.

Manger sainement c’est bien mais ça n’est pas si évident, cela ne va pas de soi. Car il y a de sacrés préjugés : d’une part que “le bio” (local, durable, éthique) c’est pour les bobos “qui peuvent se le permettre”, tandis que les milieux populaires “ne mangent pas sainement”, souligne Soumaya Mettioui, fondatrice et directrice de l’Université populaire d’Anderlecht, un lieu qui se veut rassembleur, où tout le monde peut venir, avoir accès aux savoirs, aux savoir-faire et échanger.

Et tout ça “crée de l’incompréhension de part et d’autres, de l’hostilité, des complexes de part et d’autre”, constate Florence Huybrechts, chargée de recherche à l’Université populaire d’Anderlecht.

Pour y voir plus clair, l’UPA organise donc une journée thématique mardi 18 février (10h à 23h) autour de la question “La good food au-delà des sentiers bobos ? Préjugés et accessibilité du bien-manger en milieu populaire”. L’occasion en plus d’inaugurer la cuisine et la cafétéria sociale de l’UPA et de lancer un vaste projet de promotion d’une alimentation saine et durable, qui se déclinera en une série d’initiatives : ateliers de cuisine, workshops, potager urbain, cafétéria sociale…

“On n’a pas de réponses toutes faites, on veut que tout le monde apporte son expérience, débatte sur un sujet concernant”, argue Soumaya Mettioui. “En fait, il faut d’abord se demander ce que c’est que le bien manger et comment on y arrive : il y a ceux qui se glissent dans un mode de vie alimentaire labellisé durable en parlant de bio, d’éthique, de durable, etc. et d’autres qui y arrivent par une autre forme d’expertise, par leur vie, le fait de devoir faire attention financièrement, d’être pragmatique dans ses achats. On en voit beaucoup des personnes qui vont au marché du Midi pour trouver des légumes et des fruits de saison parce qu’ils sont les moins chers. Mais pour eux, ce n’est pas estampillé good food mais économies”.

Le projet va se poursuivre sur le long terme : “Deux midis par semaine, la cafét' ouvrira et proposera des menus durables. Mais on va tout analyser durant des mois : combien de temps cela prend de faire les menus, de faire les courses, si les endroits sont facilement accessibles, quels modes de transport, l’énergie… Dans les deux prochaines années, on va analyser tout ça pour produire du savoir autour de cette question”, s’enthousiasme Mme Mettioui.

“Bien sûr que l’on veut croire à une accessibilité croissante du bien manger à tous les milieux. Mais cela ne peut que s’étendre grâce à une politique publique ambitieuse, en plus des initiatives de chacun”, estime Florence Huybrechts. Avec l’ensemble des expériences et des données collectées, l’UPA espère bien convaincre des pouvoirs subsidiants de lui emboîter le pas et que tout cela essaime .

Source: La Libre