Restez au courant de Bionews

L’efficacité du gel douche bio ne se mesure pas à la mousse

Les tensioactifs sont une grande famille de molécules complexes qui n’existent pas à l’état naturel : ils sont à la fois hydrophiles et lipophiles et permettent de nettoyer les différents types de saletés. Après l’eau, les tensioactifs, souvent présents par 2 ou 3, sont les principaux composants d’un gel douche. Ils composent la base lavante.

En conventionnel, une grande famille se retrouve partout. Ce sont les composés éthoxylés qui regroupent les polyéthylènes glycols ou PEG (suffixes eth ou oxynol ou préfixes en hydroxyéthyl). Ils sont fabriqués via des procédés dangereux, sont peu biodégradables et en cause dans certaines allergies. Il sont bannis par la filière bio qui dispose encore d’un grand choix parmi : sodium et ammonium lauryl sulfate (SLS et ALS) ou encore cocosulfate, cocamidopropyl betaïne, dérivés de sucre et acyl glutamates. La tendance aujourd’hui est à supprimer les SLS et ALS  qui sont décriés. Nature et Progrès les a exclu de son cahier des charges. Fabriqués à partir d’huile de coprah sans solvant d’origine pétrochimique, ils  sont jugés irritants. Ils ont l’avantage de bien mousser, de donner une bonne viscosité et d’être peu onéreux. Pour les laboratoires Florame, si l’ALS est en effet agressif utilisé seul, sa formulation avec d’autres ingrédients permet d’obtenir des produits doux ce que confirme Betty Santonnat de Cosmébio : «Les sulfates ne posent pas de grands problèmes mais cela n’est pas facile à expliquer au consommateur, c’est pourquoi les fabricants préfèrent les remplacer»

Pourvu que ça mousse !!

Aujourd’hui les fabricants bio se tournent vers les dérivés de sucres qui sont des produits doux pour la peau, provenant de ressources renouvelables et facilement biodégradables. C’est l’option retenue par Bleu Vert (marques Logona, Santé Naturkosmetik et Néobio), Melvita, laboratoires Gravier.

Les équipes de recherche planchent aussi sur les acyl glutamates encore plus doux, et qui se biodégradent de façon satisfaisante. Weleda, Melvita, Coslys ont mis sur le marché des produits utilisant ces molécules. Inconvénient : ils ne moussent pas beaucoup, coûtent cher et leur viscosité n’est pas idéale. L’enjeu est de gagner en coût de revient par ex sur les packagings et aussi sur les qualités moussantes et le confort d’utilisation. Si on dit que c’est meilleur et que la sensation n’y est pas, le consommateur ne l’adoptera pas. La mousse obsède les fabricants car chacun associe la propreté à son abondance. Pourtant, cela n’a pas de lien. «Nos produits lavent très bien sans mousser beaucoup et ils se rincent facilement avec moins d’eau que d’autres » affirme Françoise Delarche de Centifolia dont les Acyl Glutamates sont à la base de la gamme.