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Visite en Italie: céréales bio et production de pâtes en Marches

Les pâtes sont de plus en plus populaires, surtout parmi les jeunes générations. En bio, elles sont parfois bien plus qu’une alternative sans engrais chimiques et pesticides. Nous avons visité deux coopératives dans la région centrale italienne des Marches, l'un des greniers à céréales de l’Italie pour les fabricants de pâtes. 

Traditionnellement, les Marches sont une des principales régions pour la culture des céréales. Aujourd'hui, on y cultive également 50% des volumes italiens d’épeautre. Après la Seconde Guerre mondiale, l’avènement concomitant de l'agriculture intensive et de l'industrialisation de l'Italie a provoqué un vrai exode dans les campagnes. De nombreuses familles paysannes n‘avaient pas de succession car la  jeune génération ne voyait pas d’avenir dans l’agriculture à petite ou moyenne échelle. L’industrie de Turin et Milan apparaissait pour eux comme une alternative attrayante. Dans les années 70, la situation s’est rééquilibrée car l'agriculture bio a sauvé et relancé beaucoup de ces fermes à l’abandon.

Montebello : bio depuis les années 70 !

Gino Girolomoni a été un pionnier de l'agriculture bio dans les Marches. Il a créé la marque Alce Nero et une coopérative du même nom à Isola del Piano, autour de l'ancien monastère de Monte Bello dans une région un peu éloignée, dans les collines des Marches.  Il est décédé en mars 2012, d'une crise cardiaque : une grande perte pour sa famille, ses amis et confrères du secteur bio. Son héritage est impressionnant et ne fera pas oublier le fondateur de si tôt. En son honneur, la coopérative a changé de nom pour s’appeler  « Gino Girolomoni Cooperativa Agricola ». Nous avions eu l’occasion et la chance de lui parler pendant l'été 2011, chez lui à Montebello.

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Gino Girolomoni, fondateur de la coopérative Montebello

Frustré et déçu de la disparition de l'agriculture traditionnelle et ancestrale dans sa région, Gino Girolomoni avait lancé la coopérative avec une poignée d’agriculteurs et quelques jeunes chômeurs. Issu d'une famille paysanne, il connaissait bien les méthodes agricoles anciennes qu’il a su transmettre aux autres membres de la coopérative. Au fil des années, cette dernière s’est développée et est aujourd’hui un acteur important du secteur, avec une gamme variée de produits transformés bio et une nouvelle usine moderne à Montebello pour la fabrication des pâtes. « Grâce au soin apporté au sol, nous avons des cultures saines avec un rendement très correct. Car le sol est bien adapté aux céréales, l’eau est très pure et la qualité de l’air supérieure. » Pour l’avenir de Montebello, la principale inquiétude de Gino Girolomoni était le réchauffement climatique. "La température moyenne a fortement augmenté ces dernières décennies et cela pourrait devenir un grave problème parce qu’il y a un risque de désertification. "

"Les producteurs intensifs ont perdu confiance"

Entretemps, récolte après récolte, la culture de céréales bio s’affirme comme étant un modèle agricole durable. "Maintenant, les producteurs intensifs ont perdu confiance. Un agriculteur que je connais depuis longtemps, près d’ici a toujours eu des rendements plus élevés que nous. Pourtant, il a cessé son activité depuis quelques années, car la culture céréalière n'est plus rentable. Le prix de la chimie, celui des céréales conventionnelles et la perte de fertilité de ses champs et même la désertification l’ont forcé à arrêter. » avait relaté Gino.